Propositions

Sortir ensemble d’un régime colonial injuste

Proposition #6 – Sortir ensemble de la Loi sur les Indiens et d’un régime colonial injuste. Construire un nouveau pays, de nation à nation.

 

La situation de crise que traversent actuellement le Québec et le Canada est à comprendre en lien avec le régime juridique, social et politique auquel les Peuples autochtones sont toujours soumis au Canada par la Loi sur les Indiens. Le maintien de cette loi par le fédéral est le principal facteur empêchant une véritable émancipation des Premières nations, tant au Québec qu’au Canada. Le maintien par la force des Premières nations dans ce régime juridique désuet et dévalorisant, tout comme le maintien du Québec dans un ordre constitutionnel colonial auquel nous n’avons jamais consenti, nous plonge dans une instabilité chronique de crises successives.

Les gouvernements successifs du Parti Québécois ont été pionniers dans l’établissement de relations d’égal à égal avec les peuples autochtones. Rien n’est parfait, mais plusieurs initiatives sincères ont permis de faire d’importantes avancées. C’est dans cette tradition que ma candidature dans la course à la chefferie s’inscrit. Particulièrement, je souhaite prendre exemple sur les premiers ministres Bernard Landry, qui a signé la Paix des Braves avec la nation cri, et René Lévesque, qui a fait adopter la Motion de reconnaissance des nations autochtones et de leurs droits.

L’indépendance du Québec est une occasion unique de se libérer ensemble d’un régime fédéral désuet et injuste. À mes yeux, l’indépendance du Québec serait une occasion unique pour les Premières nations du Québec. Si elles le désirent, chacune d’entre elles pourrait choisir de se libérer de la Loi sur les Indiens, et ainsi, élaborer le régime politique avec lequel elles désireraient vivre leurs relations avec un Québec indépendant. C’est une invitation respectueuse et axée vers l’avenir, une invitation à se sortir du régime colonial pour bâtir un nouveau régime équitable.

L’indépendance du Québec déclenchera une négociation de nation à nation avec les nations autochtones. A ce titre, je propose aux premières nations que nous cessions les blocages et que nous construisions ensemble un nouveau pays sur les bases des recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation et de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones – déclaration qui n’a toujours pas été formellement adoptée par le Canada.

Adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

Dès le lendemain de mon élection à la tête du Parti Québécois, je reconnaitrai le droit des Abénakis, des Anishinabegs, des Attikameks, des Cris, des Hurons-Wendat, des Innus, des Inuits, des Malécites, des Micmacs, des Mohawks, des Naskapis de négocier avec le Québec sur la base du principe d’égalité entre les nations, advenant une victoire du camp du OUI lors du troisième référendum.

Un premier geste fondateur de l’Assemblée nationale sera l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Sans remettre en cause l’intégrité territoriale du Québec, ce sur quoi le droit international est très clair, l’État s’engagera, en collaboration avec les Premières nations, à :

  • Déterminer des territoires où les nations autochtones auraient les droits exclusifs sur tout projet d’exploitation des ressources naturelles, comme le fait présentement certaines provinces canadiennes et comme le veut l’esprit de l’entente de La Paix des braves;
  • Établir un forum parlementaire permanent permettant aux Autochtones de faire connaître leurs droits, leurs aspirations et leurs besoins;
  • Présenter des rapports annuels sur l’adoption par le Québec des recommandations proposées par la Commission de vérité et de réconciliation;
  • Lancer des travaux préparatoires entre la nation québécoise et les premières nations avec pour mandat d’élaborer une procédure de négociation entre les 12 nations, advenant l’accession à l’indépendance du Québec ;
  • Proposer aux autochtones d’élaborer, conjointement avec l’État québécois, après l’adoption de notre indépendance, les institutions démocratiques d’un Québec souverain afin de leur assurer une représentation démocratique qui correspond à leurs aspirations.

Un forum parlementaire et de nouvelles institutions démocratiques

Il nous faudra dans u Québec indépendant des mécanismes prévisibles et stables qui permettront aux premières nations de faire connaître leurs droits, aspirations et besoins aux parlementaires québécois. Tel que convenu par la Motion de 1985 du gouvernement de René Lévesque, un gouvernement du Parti Québécois que je dirigerais établirait un forum parlementaire permanent au sein même de l’Assemblée nationale. Nous devons instaurer une logique de dialogue entre les Premières nations et les élues et élus. Cette nouvelle institution saura encourager la coopération et raffermir nos liens.

Outre ce forum, les peuples autochtones doivent pouvoir se retrouver dans le pays que nous créerons après un OUI. Il faut donc imaginer un mécanisme qui assurera une représentation juste des nations autochtones, et ce au niveau local, régional, national et international. Dans cette logique, nous devrons modifier notre système électoral. Qu’importe le résultat du référendum sur la modification du mode de scrutin, je propose d’établir des circonscriptions électorales autochtones pour mieux représenter au salon bleu la réalité des Premières nations. Je propose également d’assurer aux femmes autochtones un représentation juste dans le cadre cette nouvelle représentation démocratique des premières nations, de sorte que les femmes autochtones puisse se faire entendre et que leurs intérêts ne soient pas laissés pour compte.

Voilà qui fera changement de la Loi sur les Indiens. Nous pouvons passer d’un régime de tutelle envers les peuples autochtones à un régime de partenariat au sein d’un Québec indépendant.

Soutenir, protéger, valoriser, financer, reconnaître et diffuser par l’enseignement les langues nationales des nations autochtones

Pierre Bourgault disait que se battre pour le français, c’était se battre pour toutes les langues contre l’hégémonie d’une seule. Eh bien, un gouvernement du Parti Québécois que je dirigerais ferait du soutien et de la préservation des langues autochtones un objectif concret, notamment en :

  • Soutenant l’établissement d’écoles primaires et secondaires gérées par les communautés autochtones hors des réserves, et notamment dans les grands centres urbains du Québec;
  • Rendant disponible sur tout le territoire québécois des cours des différentes langues autochtones, qui seraient à terme disponibles pour tous les Québécois. Plus particulièrement, le ministère de l’Éducation offrirait dans les écoles secondaires et les CÉGEPs dans les régions où une certaine langue autochtone est parlée des cours optionnels sur cette langue autochtone.

L’ouverture que je propose aux peuples autochtones pour réussir d’indépendance n’est ni de droite, ni de gauche : elle est du gros bon sens. On ne peut se dire sérieux et responsable dans sa démarche de réaliser l’indépendance de la nation québécoise, sans faire de la question des nations autochtones un élément important de son programme à la direction du Parti Québécois. C’est une question d’équité, d’architecture politique de notre nouveau pays, mais surtout de justice. 

Proposition #1 – Une consultation populaire sur l’indépendance dans un premier mandat

 

Proposition #3 – Lier la question de l’environnement à celle de l’indépendance, sortir de la polarisation

 

Proposition #4 – Prendre la chute du français au sérieux et mettre fin à son déclin immédiatement