Propositions

Qualité du français: on doit faire mieux

Proposition #5 – Un grand effort collectif pour mieux écrire, lire et parler le français

 

Dans ma proposition #4 de campagne, je m’engage à ce que le Parti Québécois prenne au sérieux le déclin du français au Québec, particulièrement dans la grande région de Montréal. Pour ce faire, j’estime essentiel de casser certains tabous et de proposer des mesures fortes qui soient à la hauteur du défi. C’est un beau projet collectif : renverser la tendance pour faire du français une langue commune, partagée et contagieuse.

Cependant, ma proposition serait incomplète si, une fois la question du nombre de locutrices et de locuteurs francophones abordée, on ne s’attaquait pas à une autre composante essentielle de la vitalité du français : le niveau de maîtrise de la langue française par tous les Québécoises et Québécois. Il s’agit donc ici de ma proposition #5 à titre de candidat à la direction du Parti Québécois : améliorer la qualité du français écrit et parlé, ainsi que la littératie des Québécoises et Québécois.

Tout commence par l’école

Les jeunes Québécoises et Québécois sont excellents en mathématique et en sciences, comme le démontrent année après année leurs résultats au concours international PISA. Cependant, le français demeure une matière difficile pour plusieurs étudiantes et étudiants. Il nous faut donc attaquer le problème à la source : l’enseignement du français dans nos écoles primaires, secondaires ainsi qu’au CÉGEP.

Outre l’importance de mieux financer l’ensemble de notre réseau scolaire, particulièrement malmené sous le Parti libéral du Québec (il semblerait d’ailleurs que la CAQ, loin de se distancier des orientations du gouvernement de Philippe Couillard, préfère des chicanes de structures à la valorisation de la profession d’enseignant), je propose dans un premier lieu d’augmenter le nombre d’heures consacrées à l’enseignement du français dans les écoles et CÉGEP du Québec, que ce soit dans le réseau francophone ou anglophone.

Également, et c’est un problème que j’ai constaté, il nous faudra regarder de plus près les autres matières enseignées qui doivent elles aussi être une occasion d’améliorer la qualité du français. Ce n’est pas parce qu’on rédige un rapport de laboratoire ou encore que l’on remet un essai en histoire que la qualité de la langue doit pour autant être laissée pour compte. C’est pourquoi je propose d’octroyer un minimum de 10% de la note finale pour la qualité du français dans tous les travaux notés (examens, rapports, essais, projets, etc.).

Finalement, et c’est aussi un engagement que j’ai pris dans ma proposition #4 Prendre la chute du français au sérieux et mettre fin à son déclin immédiatement, je considère comme incontournable de mettre en place un examen uniforme de français dans l’ensemble des collèges anglophones avec un cours obligatoire d’étude littéraire et de langue française, conditionnel à l’obtention du diplôme. Un étudiant québécois ne doit pas sortir d’un CÉGEP anglophone avec une maitrise plus faible de notre langue nationale que ses camarades qui ont fait un parcours collégial en français.

Analphabétisme: se sortir la tête du sable et agir

« Le terme « analphabète » ne désigne plus seulement une personne qui a des difficultés à lire, à écrire ou à compter, mais un individu pour qui ces faiblesses sont un frein à une intégration totale dans la société, avec ses moyens de communication, ses systèmes complexes, et toutes ses exigences. » Voilà la définition de l’analphabétisme du Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDÉACF) qui doit nous guider dans nos efforts pour casser le tabou sur le niveau de littératie des Québécoises et des Québécois et lancer un grand projet d’alphabétisation au Québec.

Mettons tout de suite quelque chose au clair : l’analphabétisme n’est pas une honte. C’est une réalité à laquelle on peut s’attaquer pour aider nos compatriotes à améliorer leur vie professionnelle et personnelle par une meilleure maitrise de la langue. C’est un gros chantier, mais c’est d’une importance capitale pour la productivité et la compétitivité du Québec dans une économie du savoir.

Au Québec, selon la Fondation sur l’analphabétisme[1], 19% des citoyennes et des citoyens sont analphabètes et 34,3% sont analphabètes fonctionnels, c’est-à-dire qu’ils peinent à lire un texte simple. Et ça touche toutes les catégories de personnes. 10% des analphabètes ont de 16 à 25 ans. 39% ont de 26 à 45 ans et 51% ont de 46 à 65 ans. Les personnes issues de l’immigration, de 16 à 65 ans, sont 31% à être analphabètes. C’est un dur constat. Plus d’une personne sur deux au Québec serait donc analphabète ou analphabète fonctionnel.

Je propose un grand projet d’alphabétisation au Québec qui passerait en outre par un meilleur financement des organismes dédiés en la matière, une campagne nationale de sensibilisation pour casser le tabou et aider les personnes qui souhaitent sortir de leur situation d’analphabétisme à le faire sans honte et un accompagnement en milieu de travail pour la formation continue en français. Sortons-nous la tête du sable et agissons. La classe politique ignore cette situation depuis trop longtemps. 

Faire de la qualité de la langue une raison de célébrer

Finalement, il faut saisir chaque occasion pour célébrer notre langue et en créer de nouvelles pour en valoriser la maitrise. J’ai en tête un État qui lance des concours nationaux en écriture, lecture et prestation orale. Si les élèves ont la dictée PGL, pourquoi ne pas lancer une grande dictée nationale. Les prix pourraient être remis à chaque fête nationale des mains du premier ministre. Il faut créer une culture de l’excellence de la langue française. Il m’apparait à cet effet important de mieux financer notre Fête nationale qui est aussi la fête du français en Amérique. Je propose donc de doubler le financement des activités reliées à ces célébrations.

Nous sommes un pays francophone en Amérique. La langue française ne représente que 3% de l’ensemble de la population des pays d’Amérique du Nord. Il faut être vigilant pour en préserver la vitalité, mais il nous faut tout autant veiller à ce qu’elle soit écrite, parlée et lue avec facilité et maitrise. Le dynamisme du français dépend d’abord et avant tout de la fierté avec laquelle nous l’utilisons à tous les jours.

[1] https://www.fondationalphabetisation.org/analphabetisme-les-causes/fausses-croyances/

Proposition #1 – Une consultation populaire sur l’indépendance dans un premier mandat

 

Proposition #3 – Lier la question de l’environnement à celle de l’indépendance, sortir de la polarisation


Proposition #4 – Prendre la chute du français au sérieux et mettre fin à son déclin immédiatement.