Propositions

Pour que le Québec se réapproprie le sens du collectif

Proposition #9 – Faire du drapeau un symbole aimé, partagé et rassembleur

 

Il est important que le Québec se réapproprie le sens du collectif. Sans sentiment d’appartenance à une destinée commune, il est difficile de pouvoir construire une société plus juste, plus verte, mais aussi plus fière d’elle-même, en mesure de faire des choix selon ses propres intérêts. Le sentiment d’appartenance à notre nation, et le sens du collectif qui en découle, est une condition sine qua non à une social-démocratie juste et équitable, comme en témoignent les exemples des endroits les plus équitables du monde comme les pays scandinaves ou les Pays-Bas. À mes yeux, l’indépendance du Québec est l’aboutissement logique de ce retour du collectif dans nos vies.

Dans certains milieux très à gauche, il est mal vu de donner une place normale à notre drapeau. Des gens, qui se réclament pourtant du collectif, semblent incapables de se regrouper sous une même bannière qui symbolise une appartenance partagée. Ils se déclarent indépendantistes, mais ils rejettent tous les éléments constitutifs d’un pays tels notre drapeau, les frontières et l’acception des divergences d’opinions inhérentes à une démocratie. Même le temps d’une soirée, lors de notre Fête nationale, des gens qui se réclament du collectif sont incapables de laisser de côté leur individualité, leurs différences individuelles, leurs divergences d’opinions : le désir ostentatoire de s’exclure et se regrouper dans le communautarisme est trop fort. Comment trouver le collectif dans une société qui valorise désormais l’individualisme, le communautarisme et la polarisation des opinions ? Une partie de la réponse réside peut-être dans la réhabilitation des symboles qui nous rappelleront que malgré nos différences, nous sommes tous Québécois.

Les Québécoises et les Québécois souhaitent pouvoir se réapproprier leurs symboles nationaux parce qu’ils savent qu’il s’agit là de l’expression d’un destin commun et unique, d’une aventure nationale. C’est pourquoi l’absence du drapeau du Québec lors du spectacle de la Fête nationale a créé un malaise tout à fait légitime. Et je ne lance pas la pierre aux organisateurs de l’événement. Bénévoles, ils travaillent fort chaque année pour mettre en son, images et couleurs nos célébrations de la Saint-Jean-Baptiste. Je dois également mentionner au passage que le spectacle était excellent. L’absence du fleurdelisé constitue néanmoins un rappel de la situation générale du Québec et de ses symboles : mon constat est qu’à travers le scandale des commandites et l’ère Charest-Couillard, on a retiré de l’espace public tout ce qui représente un tout petit peu le nationalisme québécois dans le but d’affaiblir notre sentiment d’appartenance collectif, et ainsi, de prévenir notre indépendance. Lorsqu’on diminue le sentiment d’appartenance collectif pour le substituer par des identités communautaires, individuelles, raciales ou religieuses, on tue le collectif et l’empathie envers les citoyens qui ne font pas partie de notre communauté. Or, cette empathie pour le sort d’autrui qui vit dans la même nation est essentielle à l’émergence d’une social-démocratie, sans cette empathie et ce sentiment d’appartenance nationale, les gens voteront pour des programmes et des partis clientélistes, en se souciant uniquement que de leurs intérêts propres et immédiats. C’est aussi le sentiment que nous sommes tous dans le même bateau et que nous construisons un destin commun qui ramènera l’indépendance du Québec à l’avant-plan.

Je souhaite donc que l’indignation du 24 juin se transforme en action. C’est une chose de critiquer, s’en est une autre de proposer. C’est ce que je fais avec ma proposition #9 de campagne à la direction du Parti Québécois. Si je deviens chef de notre formation politique, je souhaite mettre en œuvre différentes actions qui feront de notre drapeau un symbole non seulement aimé, mais également partagé et rassembleur.

Offrir à notre drapeau ce qu’il mérite

D’entrée de jeu, comme beaucoup de Québécoises et de Québécois, je ne comprends pas qu’on puisse encore tolérer que notre drapeau soit fabriqué à l’étranger, bien souvent avec les mauvaises couleurs, les mauvais symboles, ou même, sans sensibilité au fait français. C’est ce que j’ai constaté lorsque j’ai tenté de me procurer au Jean Coutu un drapeau du Québec à la veille du 24 juin pour décorer convenablement ma maison. Il n’y avait qu’une sorte de drapeau du Québec à vendre : un produit en anglais, avec sous-titre en français, fabriqué en Chine, dont le siège de la compagnie importatrice est établi en Ontario, avec en prime le mauvais bleu.

C’est gênant et très symbolique des problèmes engendrés par la mondialisation à outrance des dernières années : délocalisation de la production, déconstruction des identités, des cultures et des langues. Pourtant, rien ne nous empêche de faire en sorte que notre drapeau national soit fabriqué ici. La Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec prévoit que le gouvernement peut fixer par règlements les normes de fabrication et de reproduction des emblèmes. Je propose donc d’adopter un règlement qui obligera désormais que tout fleurdelisé ait un standard de qualité, de couleur, et qu’il soit produit au Québec.

Un autre constat me frappe lorsqu’on regarde notre drapeau du Québec dans nos rues et sur les édifices : l’état de délabrement. Combien voyons-nous de drapeaux défraîchis, décolorés, sur des terrains privés oui, mais aussi sur des bâtiments publics comme nos écoles, nos hôpitaux ou nos ministères ? Je suis d’avis que l’État doit montrer l’exemple et qu’en ce sens, un coup de barre est nécessaire. La Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec oblige les édifices sous responsabilité gouvernementale à afficher le fleurdelisé, c’est bien et l’État doit s’assurer que les drapeaux sont disponibles. Toutefois, devant un drapeau en lambeau, je souhaite remédier à une telle situation. Je propose donc de donner des amendes aux organismes publics qui laissent un drapeau en mauvais état sur leurs immeubles. Si par exemple une SAQ tolère un drapeau déchiré, il devra payer une amende symbolique. Évidemment, c’est une autre approche que je préconise pour le fleurdelisé sur les propriétés privées. Il n’y a rien de plus beau que de voir notre drapeau flotter dans les champs, sur le bord des routes ou du Saint-Laurent. Malheureusement, ça coûte très cher et c’est la raison pour laquelle on voit des drapeaux défraîchis et des mats qui menacent de tomber. Je propose un programme de financement à l’achat de drapeaux et à l’édification de mâts par les citoyennes et les citoyens. Comme cela, tous pourront afficher leur appartenance et embellir notre paysage, sans devoir débourser des sommes déraisonnables. Car oui, nous sommes chanceux, ça adonne que notre drapeau est très beau et qu’il embellit nos paysages.

Faire de notre drapeau un objet de conscience collective

Comme je le disais plus haut, les symboles nationaux permettent d’entretenir notre rapport au collectif. Quand, lors de notre Fête nationale, on oublie d’y présenter notre drapeau, c’est que quelque chose cloche. Pour que cela ne se reproduise plus, je propose de modifier la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec pour y ajouter l’obligation d’afficher le fleurdelisé lors des célébrations publiques du 24 juin.

Outre cette mesure, je propose aussi de rendre obligatoire l’affichage du drapeau dans les classes primaires et secondaires du Québec. Il est nécessaire qu’en plus de l’importance que l’on accorde à la réussite académique pour avoir les meilleures chances possibles dans la vie, les étudiantes et les étudiants se rappellent que l’éducation, c’est aussi une façon d’appartenir à une collectivité, à une nation. Je prends pour exemple la France qui, dans chaque classe, affiche son drapeau et celui de l’Union européenne, et même chaque étudiant doit chanter la Marseillaise. Même chose en Ontario où on retrouve un drapeau du Canada dans les classes et où on chante le Ô Canada. D’ailleurs, à une autre époque, on chantait God Save the Queen dans les écoles du Québec! Je ne suggère pas d’aller jusqu’à chanter « Gens du pays » dans les écoles primaires et secondaires, mais bien de faire ce qui est normal pour n’importe qu’elle nation : éveiller sa jeunesse à l’importance de l’appartenance civique, de l’appartenance démocratique, du collectif et du national.

Proposition #1 – Une consultation populaire sur l’indépendance dans un premier mandat

 

Proposition #2 – Une année pour répondre aux questions économiques sur l’indépendance

 

Proposition #3 – Lier la question de l’environnement à celle de l’indépendance, sortir de la polarisation