Propositions

Cesser l’abandon de notre patrimoine

Proposition #11 – Préserver le bâti. Célébrer nos monuments.

 

L’un des rôles historiques du Parti Québécois est de mettre en valeur le Québec et de faire de son histoire la pierre angulaire de notre avenir. Sa langue, évidemment, mais aussi son territoire et ses paysages. Je souhaite, comme prochain chef du Parti Québécois, ajouter un nouveau chantier qui m’apparaît crucial pour que les prochaines générations puissent elles aussi célébrer notre différence : préserver notre patrimoine bâti. Nos monuments, nos églises, nos maisons anciennes, nos granges sont tous des morceaux essentiels du témoignage sur plus de 400 ans de l’aventure québécoise.

Le 4 juin 2020, la Vérificatrice générale a déposé un rapport accablant sur l’état de la protection de notre patrimoine bâti. Il est sans équivoque : nous échouons à protéger nos bâtiments patrimoniaux. Je cite : « Je ne suis pas en mesure de dire si [les gouvernements] s’en soucient ou ne s’en soucient pas. Ce que je peux vous dire, c’est qu’ils ne posent pas les gestes de manière à ce qu’on préserve le patrimoine bâti ». Le rapport ajoute que le ministère de la Culture et des Communications (MCC) n’a pas de « vision du patrimoine immobilier », n’est pas en mesure d’en donner une définition, ne dispose pas d’un inventaire précis des immeubles dignes de protection, laisse trop souvent les municipalités à elles-mêmes et épaule mal les propriétaires peut-on lire en substance dans son rapport.

L’un des éléments les plus troublants dans ses constats est le suivant : le manque de leadership et de bienveillance de Québec qui favorise une pratique appelée la démolition par abandon. En somme, des propriétaires d’immeubles patrimoniaux les laissent se dégrader jusqu’à ce que ceux-ci deviennent insalubres, ce qui ne laisse comme choix que leur destruction. Pourquoi ? Notamment parce que le ministère prend trop de temps à classer des bâtiments. Dans 40 % des cas, les demandes de classement sont traitées en plus de cinq ans. Des immeubles en « viennent même à perdre leur intérêt patrimonial en raison de l’absence d’intervention à l’intérieur de délais raisonnables », déplore le rapport. Résultat : chaque année, 3000 bâtiments patrimoniaux sont détruits au Québec! Les municipalités, elles, ont le pouvoir de citer des biens patrimoniaux. Mais la Vérificatrice se demande si Québec leur donne les outils suffisants pour le faire. Dans un sondage, elle a demandé à 26 municipalités de moins de 10 000 habitants si elles croyaient avoir une expertise suffisante en patrimoine. Elles étaient 21 à répondre non, contre seulement 5 qui croyaient l’avoir. Les chiffres étaient à peine meilleurs dans les plus grandes villes.

Devant des constats aussi troublants, nous devons agir. Je fais de la réussite d’une prochaine consultation populaire sur l’indépendance la raison fondamentale de ma candidature à la direction du Parti Québécois. Comment pouvons-nous espérer la victoire du OUI si nous réservons un si triste sort à notre histoire et notre patrimoine? C’est donc un important chantier que nous avons devant nous et je propose de nous y attaquer avec ma 11e proposition de candidat : préserver notre patrimoine bâti et célébrer nos monuments.

Revoir la Loi sur le Patrimoine

Nous devons en premier lieu revoir les règles entourant la protection de notre patrimoine. Présentement, et j’en faisais mention en début de texte, les notions d’intérêt public, historique et nationale dans la loi sont floues. Je propose donc de revoir la définition afin de nous assurer que tout bâtiment patrimonial qui présente un caractère important pour le Québec tombe sous les effets de la Loi sur le Patrimoine. Une fois l’identification bien circonscrite, il nous faut assurer une vigie efficace, construire un filet de sécurité patrimonial qui ne laissera pas passer entre ses mailles des maisons vieilles de centaines d’années, des églises à l’architecture unique ou encore des bâtiments qui ont été les témoins de la vie de nos illustres personnages. C’est pourquoi je suggère d’insérer dans la loi une obligation d’effectuer des rondes de vérification. Actuellement, le MCC ne fait pas preuve de proactivité en matière d’identification des immeubles pouvant présenter un intérêt patrimonial. Le gouvernement doit se doter d’une information fiable, complète et en cohérence avec ce qu’il considère comme important de léguer aux générations futures. Cette obligation forcera le gouvernement à donner un sérieux coup de barre afin de mettre à jour rapidement le registre du patrimoine culturel immobilier au Québec.

L’obligation serait incomplète si nous ne donnons pas au gouvernement du Québec les moyens de rendre rapidement des décisions de classement sur les patrimoniaux. C’est ce que je m’engage à faire. Le délai doit être raisonnable, soit de moins d’un an, contrairement aux délais actuels où près de la majorité des décisions de classement prenne plus de 5 ans. Les longs délais favorisent les stratagèmes de démolition, en laissant les lieux se dégrader. Ces nouveaux moyens s’accompagneront de budgets supplémentaires afin d’augmenter l’expertise du gouvernement en matière de patrimoine tout en ajoutant de nouvelles ressources sur le terrain afin d’épauler les municipalités dans leur propre compétence en la matière. Le gouvernement du Québec pourra, pour les municipalités ayant des ressources limitées, prendre le leadership.

Le Patrimoine, une affaire qui nous concerne tous

Le classement par l’État n’est pas le seul moyen de conserver une œuvre ou un bien patrimonial. Sa restauration, son utilisation, sa mise en valeur et sa diffusion constituent, dans bien des cas, une avenue prometteuse pour assurer une préservation. Ainsi, nous devons faire appel à notre sens du devoir collectif et de l’histoire afin d’encourager les citoyens, les organismes et les entreprises qui le souhaitent à restaurer des lieux et immeubles à caractère historique. D’ailleurs, je veux ici lever mon chapeau à tous ces passionnés du Québec qui dépensent sans compter pour assurer une deuxième vie à des bâtiments historiques qui sans eux, seraient toujours à l’abandon. Mais la seule bonne volonté des plus dédiés ne sera pas suffisante. Je propose donc de lancer un programme de « crédits d’impôts historiques », comme il en existe un aux États-Unis, afin d’inciter tous ceux qui ont notre histoire à cœur à investir de sa préservation.

Je mentionnais plus haut que plusieurs propriétaires préfèrent laisser dépérir leur bâtiment patrimonial que d’y faire les investissements nécessaires afin de lui rendre son ancienne vocation ou encore d’en y trouver une nouvelle. Je ne crois pas que ces gens soient tous mal intentionnés. Il y a probablement quelques pommes pourries, mais la plupart souhaite valoriser les bâtiments patrimoniaux qu’ils détiennent sans pour autant se ruiner. Je soumets donc l’idée de réviser les mesures financières offertes afin que l’on passe d’un réflexe démolition à un réflexe préservation. Finalement, je propose d’assouplir la Loi sur la protection du territoire agricole pour permettre que les granges ancestrales puissent servir à des activités commerciales ou communautaires sans entraves du gouvernement. Trop d’entrepreneurs ont de beaux projets pour revitaliser nos granges et se heurtent à la Commission du territoire agricole, qui interprète la Loi de sorte à interdire toute activité sauf l’agriculture, ce qui condamne les granges d’antan qui ne sont plus adaptées à l’agriculture d’aujourd’hui à une lente déchéance ou à leur démantèlement pour vendre du bois de grange sur Kijiji. En permettant à nos granges ancestrales de se trouver une deuxième vie, c’est notre histoire et la beauté de nos paysages que nous valoriserons.

Proposition #1 – Une consultation populaire sur l’indépendance dans un premier mandat

 

Proposition #2 – Une année pour répondre aux questions économiques sur l’indépendance


Proposition #3 – Lier la question de l’environnement à celle de l’indépendance, sortir de la polarisation